Victimes du Mediator : nos avocats ont plaidé pour démontrer la tromperie des Laboratoires SERVIER
25/06/2020
25/06/2020
Notre Cabinet a plaidé toute la journée du 22 juin 2020 devant la 31ème chambre du Tribunal Judiciaire de Paris, pour l’ensemble de nos 2.600 victimes, afin de démontrer la tromperie des Laboratoires SERVIER sur la nature anorexigène et sur les risques de leur médicament MEDIATOR, ainsi que pour exposer au Tribunal l’ensemble des préjudices que les victimes subissaient du fait de cette tromperie, ainsi que ceux subis au titre des blessures et homicides involontaires.
Nous avons également insisté sur les défaillances de l’Agence du Médicament, aujourd’hui ANSM, en charge de surveiller et de contrôler ce médicament.
Le lendemain, soit le 23 juin 2020, dans leurs réquisitions , Mesdames les représentantes du Ministère Public, ont sollicité, au nom de la société, la condamnation de l’ensemble des sociétés du Groupe SERVIER et de Monsieur Jean-Philippe SETA, pour les faits poursuivis.
Il a ainsi été requis pour les faits de Tromperie aggravée et d’Homicide et Blessures involontaires, des peines d’amendes s’élevant au total à plus de 9 millions d’euros, ainsi que la diffusion de la décision de condamnation dans deux journaux nationaux et dans des revues scientifiques.
Concernant Monsieur Jean-Philippe SETA, ex-numéro deux du Groupe SERVIER, il a été requis une peine de 5 ans d’emprisonnement dont 2 assortis du sursis, soit une peine de 3 ans ferme, ainsi que des peines d’amendes s’élevant à plus de 250.000 €.
Les Procureures ont également sollicité la condamnation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) pour les faits d’Homicide et de Blessures involontaires à une peine d’amende de plus de 200.000 €.
Ces peines d’amende concernent la sanction des infractions de tromperie aggravée, et d’homicide et de blessures involontaires, et sont indépendantes des sommes qui seront décidées par le Tribunal pour chaque victime en réparation de la tromperie du Groupe SERVIER ainsi qu’en réparation des préjudices corporels subis dans les dossiers d’homicides et de blessures involontaires.
Les Procureures ont également requis la condamnation des 9 personnes renvoyées devant le Tribunal sur le volet de la Stratégie d’influence du groupe SERVIER, et ont requis à ce titre des peines allant de 1 à 2 ans d’emprisonnement avec sursis, ainsi que des peines d’amende allant de 30.000€ à 160.000 €.
Elles ont également sollicité la condamnation des sociétés du Groupe SERVIER à l’origine de cette stratégie d’influence à des peines d’amende d’un montant total de presque 5 millions d’euros, ainsi que la diffusion de la décision de condamnation par voie de presse.
Tromperie des Laboratoires Servier : les réquisitions doivent débuter ce mardi 23 juin jusqu’à mercredi. Lundi les avocats des quelque 6.000 parties civiles ont clos leurs plaidoiries. La défense plaidera à partir du 29 juin.
« Quand on joue avec la santé des gens pendant aussi longtemps, à un moment donné il faut payer » … et beaucoup. Jean-Christophe Coubris, est un des derniers avocats à plaider pour les parties civiles, ce lundi 22 juin. L’avocat, qui représente 2.600 parties civiles, a fait le compte. « C’est pratiquement plus de 1 milliard d’euros d’indemnisations demandé ».
Plus de 6.500 personnes se sont constituées parties civiles dans ce dossier « historique ». Pour ses clients, Jean-Christophe Coubris et ses associées réclame notamment le versement de 225 millions d’euros en réparation du préjudice moral et du préjudice d’angoisse d’anciens consommateurs du Mediator, un anorexigène tenu pour responsable de centaines de décès. Une centaine de caisses d’assurance maladie, qui ont pris en charge le remboursement du Mediator, ont demandé quant à elles plus de 450 millions euros de dommages et intérêts pour réparer « l’escroquerie » des laboratoires Servier.
Technique, sans chercher à donner dans le pathos si facile dans ce type d’affaire de santé publique, Jean-Christophe Coubris a dressé un portrait au vitriol de Jacques Servier, qui gérait son entreprise comme « un gourou ». D’ailleurs, il « aurait souhaité que les laboratoires Servier aient l’intelligence de se débaptiser par respect, un geste délicat pour les victimes ».
Pendant deux heures, il décrit d’une voix calme et posée « l’obstination déraisonnable, pathologique » des laboratoires qui ont commercialisé pendant trente-trois ans le Médiator malgré les alertes. Pour l’avocat, c’est Jacques Servier qui « va aveugler ses lieutenants et ces hommes brillants vont mettre à mal tous leurs principes » pour vendre « un produit inutile, qu’on va à tort appeler un médicament, et qui va très vite s’avérer dangereux, avec des risques mortels, et pourtant il n’a pas été retiré du marché », affirme-t-il en se tournant vers le banc des prévenus. La pique est cruelle. Sur son siège, Jean-Philippe Seta, l’ancien patron des laboratoires Servier se crispe. Les avocats du laboratoire prennent des notes.
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Tromperie des Laboratoires Servier : il est reproché aux laboratoires Servier d’avoir sciemment dissimulé les propriétés anorexigènes du Mediator et d’avoir caché sa toxicité. Ils s’en sont toujours défendus.
Le tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis le 23 septembre les laboratoires Servier et l’Agence du médicament dans l’affaire du scandale sanitaire du Mediator, a entendu lundi les dernières plaidoiries pour les parties civiles qui réclament au total « 1 milliard » d’euros d’indemnisations. Plus de 6 500 personnes se sont constituées parties civiles, dont au moins 4 600 victimes « directes », selon les avocats des différentes parties.
« C’est pratiquement plus d’un milliard d’euros d’indemnisations demandé », a assuré à la barre Me Jean-Christophe Coubris, qui représente 2 600 parties civiles, dont 600 « victimes par ricochets ». Son Cabinet réclame le versement de « 225 millions d’euros » en réparation du préjudice moral, mais aussi de celui d’angoisse d’anciens consommateurs du Mediator, commercialisé pendant trente-trois ans et tenu pour responsable de centaines de décès.
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« Finalement, l’histoire du Mediator est tellement simple : c’est un produit, qu’on va à tort appeler un médicament, inutile, et qui va très vite s’avérer dangereux, avec des risques mortels, et pourtant il n’a pas été retiré du marché » avant novembre 2009, a résumé Me Coubris. Au terme de ce « procès historique », il y a pour Me Coubris « une évidence : jamais [le Mediator] n’aurait dû être commercialisé ». Il s’en est pris comme certains de ses confrères aux « mensonges » de la firme et à son attitude de « déni ».
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Du tribunal, qui rendra sa décision en 2021, les parties civiles ont dit attendre « un jugement exemplaire ». « Quand on joue avec la santé comme on l’a fait pendant si longtemps, à un moment il faut payer », a lancé Me Coubris.
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Maître Jean-Christophe Coubris va plaider ce lundi dans le procès du Mediator, au nom des parties civiles, pour démontrer la tromperie des Laboratoires Servier. Il représente plus de 2.500 victimes. L’avocat bordelais, dont le Cabinet est spécialisé dans les dommages corporels, se confie sur cette affaire hors normes.
Le procès au pénal du scandale sanitaire du Mediator s’est ouvert en septembre dernier à Paris. Ce médicament fabriqué par les laboratoires Servier, retiré de la vente depuis 2009, est tenu pour responsable de centaines de décès et de lésions cardiaques sévères. Les audiences, suspendues mi-mars pour cause d’épidémie de coronavirus, ont repris le 2 juin. L’avocat bordelais Jean-Christophe Coubris, qui va plaider ce lundi, représente plus de 2.500 victimes avec le Cabinet Coubris et Associés. Il répond aux questions de France Bleu Gironde.
France Bleu Gironde : vous êtes spécialisé dans les dommages corporels. Le procès du Mediator, c’est pour vous, avocat, quelque chose d’inédit dans ce domaine ?
C’est un procès historique, de par le nombre de victimes, plus de 6.000. Notre Cabinet en représente 2.600. C’est historique aussi car c’est une des premières fois où l’on peut espérer la condamnation d’un laboratoire pharmaceutique. Et malheureusement, c’est historique par le nombre de morts, des centaines.
Ces victimes que vous représentez, qu’attendent-elles du procès ?
Certaines espèrent la fermeture du laboratoire au moins sur le territoire français. Mais la première des attentes, c’est la reconnaissance de leur statut de victimes. Elles l’attendent depuis plus de dix ans. Dans ce contexte, on souhaite naturellement entendre des mots d’excuse, de pardon. Malheureusement, ils n’ont que été susurrés à la barre. On a reconnu, mais qu’à moitié seulement. On s’est excusé du bout des pieds et c’est fort détestable pour les victimes qui en attendaient davantage. On souhaite une sanction ferme, lourde. Une condamnation serait déjà un premier pas.
Vous dites espérer une condamnation : quelles sont vos raisons d’y croire ?
Ce qui me donne de la confiance, c’est l’attitude absolument odieuse du président de ces laboratoires. Pendant plus de 33 ans, il a laissé se vendre un médicament dont il ne pouvait ignorer le danger (…) et il est allé tellement loin, beaucoup trop loin, que je ne vois pas comment les laboratoires Servier ne pourraient pas être condamnés.
Le calendrier du procès a été bouleversé par la crise sanitaire, comment avez-vous vécu ces mois de pause imprévue ?
Nous étions quatre jours par semaine en présence des laboratoires Servier, de leurs conseils, dans une ambiance tout à fait particulière. La crise sanitaire a un peu cassé ce rythme. D’un autre côté, je ne vous cache pas que cette procédure est un marathon et que cette pause a sûrement fait du bien à tout le monde. Cela nous a permis d’être parfaitement prêts pour les audiences à venir.